L’équilibre c’est la mort, le déséquilibre c’est la vie

par

dans

L’intuition naïve — celle de presque tous les modèles de gestion, de bien-être, d’optimisation — dit : le but est l’équilibre, la santé est la stabilité, on cherche à annuler l’écart.

Je pense que c’est l’inverse. L’équilibre parfait est l’arrêt, et ce qui vit est ce qui entretient un déséquilibre renouvelé. C’est la différence entre une bille au fond d’un bol (équilibre stable, mort) et un cycliste (déséquilibre permanent rattrapé, vie). Le cycliste qui « s’équilibre parfaitement » tombe ; il tient parce qu’il chute en permanence vers un côté et se rattrape vers l’autre. Le résidu, c’est la chute jamais tout à fait corrigée.