Il existe 2 types de pensées. La pensée vivante et la pensée porte.
La pensée vivante est celle qu’on accepte de remettre en cause. Je peux dire « J’ai réfléchi, j’ai pesé, voilà où j’en suis aujourd’hui, et je suis prêt à défendre cette position tout en restant capable de l’abandonner si quelque chose de meilleur se présente. »
La pensée morte est une pensée embaumée — parfaitement conservée, exposée fièrement, et tout à fait morte.
La pensée vivante a une caractéristique qu’on reconnaît rarement comme une vertu : elle est capable de se retourner contre celui qui pense. Elle peut arriver à la conclusion que vous aviez tort. Pas sur un détail périphérique — sur quelque chose de central. Sur quelque chose qui touche à qui vous croyiez être.
C’est pour ça qu’elle est rare. Non pas parce que les gens sont stupides. Mais parce qu’elle demande un courage spécifique qui n’a pas de nom dans nos langues — le courage de se décevoir soi-même sans s’effondrer.
